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PETITS CONTES, A MEDITER :


1/
"Un jour, un âne tomba dans un puits. Durant des heures, l'animal gémit pitoyablement et le fermier à qui appartenait l'âne se demanda quoi faire. Finalement, il décida que l'animal était vieux et que le puits pouvait disparaître. De toute façon, ni l'un ni l'autre n'était plus rentable. Il demanda à quelques voisins de venir l'aider. Tous prirent une pelle et commencèrent à d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi."
Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie.
Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE".
"C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas."
Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du cœur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent.
Bien des années passèrent.
boucher le puits. Au début, quand l'âne réalisa ce qui se passait, il se mit à braire horriblement. Puis, à la stupéfaction générale, il se tut. La besogne se poursuivit. Au bout d'un moment, le fermier finit par regarder au fonds du puits. Il fut consterné par ce qu'il vit. Après chaque pelletée qui tombait sur lui, l'âne s'ébrouait pour rejeter la terre et la piétinait. Un peu plus tard, l'âne apparut, sortit du puits et se mit à gambader..."

2/
" Il était une fois quatre individus qui s'appelaient Tout le monde, Quelqu'un, Chacun et Personne. Il y a avait un important travail à faire et l'on avait demandé à Tout le monde de le faire. Tout le monde était persuadé que Quelqu'un le ferait. Chacun pouvait l'avoir fait. Mais ce fut Personne qui le fit. Quelqu'un se fâcha, car c'était le travail de Tout le monde! Tout le monde pensa que Chacun pouvait le faire. Et Personne ne doutait que Quelqu'un le ferait. Finalement, Tout le monde fit des reproches à Chacun parce que Personne n'avait fait ce que Quelqu'un aurait pu faire."


3/
PRENDS LE TEMPS...

Prends le temps d'aimer...
C'est le secret de l'éternelle jeunesse !

Prends le temps de lire...
C'est la source du savoir !

Prends le temps d'écouter...
C'est le force de l'intelligence !

Prends le temps de penser...
C'est la clef de la réussite !

Prends le temps de jouer...
C'est la fraîcheur de l'enfance !

Prends le temps de rêver...
C'est un souffle de bonheur !

Prends le temps de rire...
C'est la musique de l'âme !

Prends le temps de pleurer...
C'est l'émotion d'un grand cœur !

Prends le temps de vivre...
Car le temps passe vite
et ne revient jamais !


4/
Une vieille légende hindoue raconte qu'il eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.
Lorsque les deux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils prosèrent ceci : " Enterrons la divinité de l'homme dans la terre." Mais Brahma répondit:"Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera."
Alors les dieux répliquèrent : "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans."
Mais le Brahma répondit à nouveau : "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il trouvera et la remontera à la surface".
Alors les dieux mineurs conclurent :" Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour".
Alors Brahma dit :" Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher."
Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

5/ Tu es un oiseau....

Rabbi Nahman disait à un disciple :

" Tu es un oiseau...
- Mais je n'ai pas d'ailes !
- Tes ailes, ce sont des mots.
Parle ! Envole-toi ! Traverse l'espace et le temps ! Brise les chaînes d'une histoire qui ne t'appartient pas, qui n'a pas le droit de t'alourdir et de te retenir.
Fais éclater l'horizon! Retrouve l'instant précieux du déchirement créateur, où, soudain, dans un paysage inconnu, les choses revêtent un autre aspect.
Souviens-toi que les hommes, même s'ils doivent mourir, ne sont pas nés pour mourir mais pour changer, innover, s'ouvrir à la naissance et à la renaissance".
Et le Rabbi ajoutait :
" Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît...Tu ne pourrais pas t'égarer...".

Poème:

" Ne perdons pas notre temps à soupirer
Après des choses glorieuses, mais impossibles.
N'attendons pas, dans une molle apathie,
Qu'il nous pousse des ailes d'ange.
Ne dédaignons pas d'être d'humbles chandelles,
Car chacun ne peut être une étoile ;
Mais éclairons l'obscurité
En brillant simplement là où nous sommes.

L'humble lumignon est nécessaire
Aussi bien que le superbe soleil ;
Et l'acte le plus simple est ennobli
Lorsqu'il est dignement accompli.
Nous pouvons ne jamais être appelés
A éclairer de lointains lieux assombris.
Donc, remplissons notre mission
En brillant simplement là où nous sommes."

Un homme va voir son rabbin en lui demandant s'il est permis de fumer pendant la prière. "Non", tranche le rabbin, "Comment peut-on profaner ainsi le sacré ?" L'homme s'en retourne penaud rejoindre son ami. "Attends", lui répond celui-ci. Il va voir le rabbin en question et repart l'air triomphant : " Moi, il me l'autorise !" "Comment as-tu fait ?" questionne l'autre. " Je lui ai tout simplement demandé s'il était permis de prier pendant que je fume !"

Les trois portes
Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

- "Éclaire-moi sur le Sentier de la Vie", demanda le Prince.
- "Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras trois portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi."
Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie.
Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE".
"C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas."
Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du cœur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent.
Bien des années passèrent.
Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :
"Qu’as-tu appris sur le chemin ?"
"J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas".
"C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise." Et il disparut.
Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire "CHANGE LES AUTRES".
"C’était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration." Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.
Bien des années passèrent.
Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :
"Qu’as-tu appris sur le chemin ?"
"J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses."
"Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils réveillent en toi,les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir." Et le Vieil Homme disparut.
Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots "CHANGE-TOI TOI-MÊME".
"Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire," se dit-il. Et il entama son troisième combat.
Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :
"Qu’as-tu appris sur le chemin ?"

Stephane
Cellier